Malgré son interdiction en France depuis 1997, l’amiante reste largement présent dans les bâtiments anciens. Lors de travaux de rénovation, de maintenance ou de démolition, les travailleurs du bâtiment peuvent encore être exposés à des fibres d’amiante dangereuses pour la santé.
Afin de renforcer la prévention et la protection des professionnels, de nouvelles mesures européennes ont été publiées fin 2025 pour améliorer la gestion du risque amiante sur les chantiers. Ces orientations complètent la directive européenne sur la protection des travailleurs contre l’exposition à l’amiante, révisée en 2023.
L’amiante : un enjeu majeur de santé au travail
L’amiante est reconnu comme l’une des principales causes de cancers professionnels en Europe. Bien que son utilisation soit interdite depuis plusieurs décennies, il reste présent dans de nombreux bâtiments construits avant la fin des années 1990.
Les expositions surviennent principalement lors de :
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travaux de rénovation ou de réhabilitation
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opérations de démolition
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interventions de maintenance ou d’entretien
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travaux techniques sur des matériaux contenant de l’amiante
Dans l’Union européenne, près de 75 % des cancers d’origine professionnelle sont liés à l’amiante, ce qui explique le renforcement des mesures de prévention.
Un cadre réglementaire renforcé au niveau européen
Pour améliorer la protection des travailleurs exposés à l’amiante, la Commission européenne a publié de nouvelles orientations destinées à accompagner l’application de la directive européenne sur l’amiante.
Ces mesures visent notamment à :
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faciliter la mise en œuvre des règles de prévention sur les chantiers
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mieux identifier les situations d’exposition à l’amiante
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renforcer la formation des professionnels du BTP
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améliorer le contrôle des interventions sur matériaux amiantés
L’objectif est de réduire les expositions professionnelles encore existantes, notamment dans les secteurs de la construction, de la rénovation et de la maintenance.
Une reconnaissance élargie des maladies professionnelles liées à l’amiante
Une autre évolution importante concerne la mise à jour de la liste européenne des maladies professionnelles liées à l’amiante.
Plusieurs pathologies ont été ajoutées ou mieux reconnues, notamment :
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certains cancers liés à l’exposition à l’amiante
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des atteintes pleurales pouvant entraîner une réduction des capacités respiratoires
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d’autres maladies associées à l’inhalation de fibres d’amiante
Cette évolution vise à faciliter la reconnaissance et l’indemnisation des travailleurs touchés par ces pathologies, tout en harmonisant les dispositifs entre les différents pays européens.
Le repérage amiante avant travaux : une étape essentielle
Pour limiter les risques d’exposition, la réglementation impose déjà la recherche de la présence d’amiante avant certaines opérations de travaux.
Le repérage amiante avant travaux (RAT) permet :
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d’identifier les matériaux ou produits contenant de l’amiante
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d’évaluer les risques pour les travailleurs
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de définir les méthodes d’intervention adaptées
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de mettre en place les mesures de protection nécessaires
Cette étape est essentielle pour organiser les travaux dans des conditions de sécurité optimales et éviter toute dispersion de fibres d’amiante dans l’air.
Renforcer la prévention du risque amiante sur les chantiers
La prévention du risque amiante repose sur plusieurs actions clés :
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l’identification des matériaux contenant de l’amiante
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la formation des professionnels susceptibles d’être exposés
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la mise en place de procédures d’intervention sécurisées
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l’utilisation d’équipements de protection adaptés
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le suivi des niveaux d’empoussièrement sur les chantiers
Ces mesures permettent de réduire l’exposition aux fibres d’amiante et de protéger durablement les travailleurs du secteur du bâtiment et des travaux publics.
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