Avant de fonder HDM, j'ai passé une dizaine d'années sur le terrain, à des postes très différents les uns des autres — toujours dans le bâtiment, mais rarement derrière un bureau. Je crois que c'est ce parcours, plus que n'importe quel diplôme, qui façonne la façon dont je fais mon métier aujourd'hui.
Mon premier poste, chez ICB, c'était ouvrier polyvalent. Montage et assemblage d'éléments métalliques, conduite d'engins télescopiques et de PEMP, déchargement de marchandises, terrassement, implantation et pose de réseaux divers. Rien de théorique : des gestes, des charges, des engins, une météo qui ne demande pas son avis.
C'est sur ce premier chantier que j'ai compris ce qu'aucune formation ne peut vraiment enseigner : ce que représente concrètement une journée de travail en hauteur, sous un engin, ou à proximité d'une tranchée. Quand je parle aujourd'hui de prévention des risques à une équipe sur un chantier, je ne le fais pas depuis l'extérieur — j'ai été cette équipe.
Les années suivantes, toujours chez ICB puis en maîtrise d'œuvre CSPS, m'ont fait passer de l'autre côté : prise de côtes, réalisation de plans (APS, APD, PC, PRO, DCE, DOE), modélisation 3D, mais aussi élaboration de planning de chantier, choix techniques, budget, recherche et gestion des entreprises, coordination des délais et de la sécurité jusqu'à la réception des ouvrages.
Cette double expérience — avoir été sur le terrain, puis avoir dû faire tenir ensemble les plans, le budget et le calendrier — c'est exactement ce qui nourrit mon travail de coordonnateur SPS aujourd'hui. Je sais ce qu'un planning trop serré peut faire à la sécurité d'un chantier, parce que je l'ai vécu des deux côtés.
À partir de 2015, mon parcours a pris un tournant plus spécialisé : encadrant technique SS3 et conducteur de travaux, puis co-gérant d'une entreprise de désamiantage. Montage de dossiers de certification, analyse des risques liés à l'amiante, maîtrise des équipements de protection individuelle et collective, élaboration de plans de retrait et d'encapsulage, gestion des déchets (FID, CAP, BSDA)... C'est cette période qui a fait de moi un professionnel de l'amiante avant de devenir diagnostiqueur.
Beaucoup de diagnostiqueurs amiante n'ont jamais mis les pieds sur un chantier de désamiantage. Moi, j'en ai géré. Quand je repère un matériau dégradé et que je dois évaluer l'urgence d'une intervention, je ne me contente pas de suivre une grille de lecture : je sais ce qu'implique concrètement, sur le terrain, le plan de retrait que je recommande.
Président de HDM depuis 2015 et directeur de la Financière Demonchy depuis 2017, je fais aujourd'hui de la coordination SPS et des diagnostics immobiliers — mais aussi du contrôle de PPSPS, de la tenue de registre-journal, de la constitution de DIUO, et tous types de repérage amiante.
Ce que je retiens de ces dix années, c'est qu'on ne coordonne pas un chantier ni on ne diagnostique un bien sérieusement depuis l'extérieur. Il faut avoir porté un casque pour de vrai pour savoir ce qu'un plan de prévention doit vraiment couvrir. Il faut avoir géré un chantier de désamiantage pour savoir ce qu'un état de conservation dégradé signifie concrètement pour les occupants. C'est cette expérience de terrain, accumulée poste après poste, que je mets aujourd'hui au service de mes clients sur le Bassin d'Arcachon et plus largement en Gironde.